Vaclav Havel dénonce la peine infligée au dissident chinois Liu Xiaobo

Le 7/1/2010 à 11h10 par Agence France-Presse (AFP)

Jeudi 7 janvier 2010, par Communauté Tibétaine // Actualités

L’ancien président tchèque Vaclav Havel, artisan de la chute du communisme dans son pays en 1989, a dénoncé à Prague la récente condamnation du dissident chinois Liu Xiaobo, tout en exprimant son soutien à l’opposition chinoise regroupée autour de la "Charte 08".

"Nous invitons le président et le gouvernement chinois à renoncer à la persécution des combattants des droits de l’Homme, dont les revendications légitimes s’appuyent sur les pactes internationaux," a déclaré M. Havel à la presse, devant l’ambassade de Chine.

Il a aussi invité Pékin à "ne pas répéter ce qui s’est passé chez nous il y a 33 ans", faisant ainsi référence à la publication en janvier 1977 du manifeste pour les droits de l’Homme, "Charte 77".

Principale plate-forme de l’opposition tchécoslovaque à la dictature communiste, ce texte a été rédigé à l’époque par M. Havel et d’autres dissidents, jetés ensuite en prison par le pouvoir totalitaire.

M. Havel a passé au total cinq ans dans les geôles communistes, avant d’être élu à la présidence au terme de la "Révolution de velours" de 1989.

Chef de file de la dissidence chinoise, Liu Xiaobo, 54 ans, a été condamné le jour de Noël par un tribunal de Pékin à 11 ans de prison pour "subversion" après avoir été l’un des auteurs de la "Charte 08", un texte réclamant une Chine démocratique.

"M. Liu a été condamné pour la même chose, que celle pour laquelle nous avions été pourchassés", a souligné M. Havel, 73 ans, qui tentait en vain de remettre aux diplomates chinois une lettre de protestation destinée aux autorités de leur pays.

"Nous vous invitons à assurer un procès équitable et ouvert pour examiner l’appel de M. Liu Xiaobo", lit-on dans cette lettre.

"Nous vous invitons aussi à cesser d’emprisonner et de pourchasser les autres signataires de la +Charte 08+, à cesser de criminaliser la liberté d’expression, et à libérer tous les prisonniers de conscience", souligne la lettre que M. Havel a jetée dans la boîte de l’ambassade.

L’ancien président était accompagné par deux autres "chartistes" de 1977, l’évêque Vaclav Maly et l’acteur Pavel Landovsky.

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