Tibetaine en Exil

Wednesday 18 April 2007 // Tibet

ORGANISATION DE L’ADMINISTRATION TIBETAINE EN EXIL

Aujourd’hui, 5,8 millions de Tibétains vivent dans leur pays envahi et occupé par les Chinois. Depuis 1959, plus de 100 000 Tibétains ont fui les persécutions. Aujourd’hui, 150 000 Tibétains vivent hors du Tibet en exil.

Bien avant l’invasion chinoise, le Dalaï-Lama, en vue d’améliorer le niveau de vie des Tibétains, choisit le processus démocratique en créant un Comité de Réforme ( en tibétain : Léktcheu Lékhoung ) en 1949. Son travail commençait à porter ses fruits lorsque son pays fut envahi. Par ailleurs, les autorités de Pékin ont tout fait pour remplacer les efforts de réforme tibétains mais imposé leur version de réforme.

Depuis, son objectif principal a été de mettre en place un gouvernement démocratique apte à gouverner au mieux le Tibet en exil dont les expériences pourront servir lorsque le Tibet aura retrouvé sa liberté. En 1959, dès son arrivée en Inde, il reconstitue le Gouvernement. Le 2 septembre 1960 naissait la première Assemblée des Députés du Peuple Tibétain.

Le 10 mars 1963, la Constitution, fondée sur la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, est promulguée et appliquée au sein du gouvernement en exil. En 1964, une administration propre se révèle en un corps représentatif au sein de chaque village et la première assemblée générale de ce nouveau corps constitué se réunit en 1969. Elle se tient depuis tous les ans à Dharamsala.

En 1990, le Dalaï-Lama dissout la 10e Assemblée et annonce la démission du Conseil des Ministres, le Kashag car il demande au Parlement de nommer démocratiquement un Kashag et ne veut plus le nommer lui-même. Il demande également au Conseil Constitutionnel de rendre cette Assemblée plus responsable que celle de 1963.

Le 14 juin 1991, la 11e Assemblée devient l’autorité législative de la communauté en exil, incluant dans son mandat l’élection du Kashag. Elle publie un texte constitutionnel, appelé la Charte des Tibétains en exil. Elle énonce les droits et les devoirs de la communauté avec pour modèle les documents analogues établis par les démocraties libérales, et pose les bases d’un système démocratique efficace garantissant les droits individuels et adapté aux particularités du Tibet. La Charte statue les principes qui régissent le gouvernement en exil, définit les fonctions des différents corps – exécutif, législatif et judiciaire -, définit les principes fondamentaux de la politique tibétaine, affirme le principe de la non-violence et de l’égalité…

En 1992, il a rédigé " Les lignes directrices de la politique du Tibet futur et traits fondamentaux de sa constitution ", document soumis aux critiques et commentaires des représentants du peuple tibétain et servant de fondement aujourd’hui à l’Administration tibétaine en exil.

Le Kashag ou le Cabinet de l’Administration Tibétaine Centrale (CTA), est la plus haute instance exécutive du gouvernement tibétain. Il est composé d’un président et de sept ministres : de l’Information et des Relations Internationales, de l’Éducation, de l’Intérieur, de la Sécurité, des Finances, des Affaires religieuses et culturelles et de la Santé.

Depuis 2001, le Premier ministre (Kalon Tripa) est élu au suffrage universel par tous les Tibétains en exil en âge de voter. Le Premier ministre choisit ses ministres dont chaque membre doit recevoir l’approbation du Parlement. Le gouvernement est donc collectivement responsable devant le Parlement.

En 2006, la 14e législature du Parlement tibétain en exil a approuvé la désignation des quatre candidats aux postes de ministre proposés par le Premier Ministre, réélu au suffrage direct. Selon l’alinéa 2 de l’article 29 de la Charte des Tibétains en exil, le Professeur Samdhong Rinpotché, Premier Ministre a attribué à chacun d’entre eux le portefeuille représentant les différents départements :

Ministres :
Kalon Tsering Phuntsok
Kalon Tsering Dhondup
Kalon Thupten Lungrig
Kalon Ngodup Dongchung
Kalon (Mrs.) Kesang Y. Takla
Kalon Chope Paljor Tsering
Kalon Tempa Tsering.

Le Parlement du Tibet en exil exerce les pouvoirs législatifs. Il est renouvelé tous les 5 ans, au suffrage direct par tous les électeurs tibétains vivant hors du Tibet. Il est composé de 46 députés dont 43 représentant 3 régions (U-Tsang, Kham et Amdo) et 5 écoles religieuses du Tibet (Nyingma, Kagyu, Sakya, Guélouk, Boen), et 3 autres députés nommés par le Dalaï-lama suivant leurs mérites. Tous les députés sont égaux dans leurs prérogatives.

Chaque année, deux séances plénières réunissant obligatoirement tous les 46 députés sont organisées au mois de mars et septembre.

En dehors de ces séances, la Commission permanente d’au moins 12 députés siègent et travaillent au Parlement. Le Parlement vote le budget, passe les lois, et contrôle les actions du gouvernement. L’élection de l’actuelle législature (14è ) a eu lieu au printemps 2006.
Président du Parlement : Monsieur Karma CHOPHEL
Vice-Présidente : Madame Dolma GYARI

Le Département des Affaires religieuses et culturelles est créé dès l’exil pour préserver et promouvoir la compréhension de la religion et de la culture tibétaines. Depuis leur arrivée en exil, plus de 200 monastères et temples ont été construits par les Tibétains en Inde et au Népal où 20 000 religieux et religieuses reçoivent de la formation traditionnelle. Le Département maintient des relations étroites avec les réseaux des centres bouddhistes tibétains répandus dans le monde entier. Par ailleurs, l’Institut des danses et musique tibétains TIPA sis à Dharamsala, « Tibet House » à New Delhi font partie du Département de la Culture.

Le Département de l’Intérieur est responsable des programmes de réadaptation des réfugiés tibétains. Les villages, les bureaux régionaux et les centres d’artisanat en dépendent directement. Il gère plus de 40 villages, centres d’artisanat et les communautés en Inde et au Népal. Par ailleurs, le Département de l’Intérieur (Department of Home) maintient tout un réseau de relais dans les villages tibétains (settlement), centre, zone de forte population tibétaine, ville, etc… Appelé "Welfare Officer" ou "Representative", ces bureaux centralisent toute information utile et sont officiellement chargés de veiller sur la communauté tibétaine et donc, sont les mieux placés pour fournir des informations objectives et impartiales mais surtout, peuvent conseiller sur les projets d’aide au développement. Contact direct courriel : home@gov.tib.net

Le Département des Finances établit le budget annuel de l’Administration centrale depuis 1969 et gère les ressources financières de l’Administration tibétaine. En 1997, face à l’offre croissante des Occidentaux, le Département a lancé notamment le projet de versement direct des fonds pour soutenir les actions éducatives, médicales et culturelles de la communauté en exil : Blue Book.

Le Département de l’Éducation, créé depuis 1959, supervise les activités éducatives en exil et travaille en étroite collaboration avec le gouvernement indien et les ONG étrangères pour soutenir l’éducation des Tibétains. Il existe aujourd’hui 85 écoles en Inde, au Népal et au Bhoutan pour environ 27 000 élèves. A noter que 92 % des enfants tibétains en exil sont scolarisés. Depuis dix ans, le Département a relevé le défi d’introduire la langue tibétaine pour toutes les matières enseignées jusqu’au niveau du lycée.

Le Département de la Sécurité fonctionne depuis 1959, son rôle principal est d’assurer la sécurité personnelle du Dalaï-Lama. Un bureau de ce département organise les audiences publiques et aide les Tibétains réfugiés à obtenir des papiers. Ce département est également chargé de recueillir tous renseignements sur le Tibet occupé.

Le Département de l’Information et des Relations Internationales fonctionne depuis 1972. Il diffuse les informations concernant la situation au Tibet et organise les relations extérieures de l’Administration Centrale. Il publie des journaux en tibétain, hindi, anglais, chinois et arabe sur le Tibet. Il veille au respect des droits de l’homme, aux problèmes écologiques et à la condition de la femme. Enfin, il coordonne les treize bureaux de représentation dans le monde : New York, Genève, Londres, Paris, Bruxelles, Moscou, Tokyo, Canberra, Pretoria, Taipeh, Katmandou et New Delhi, ainsi que Washington. Ces bureaux de représentation sont des relais officiels du gouvernement tibétain en exil à l’étranger et sont en mesure de fournir toute information utile sur l’administration et la communauté tibétaines, et peuvent conseiller la meilleure façon d’apporter de l’aide politique, culturelle, humanitaire et matérielle aux Tibétains.

Le Département de la Santé, créé en 1982, surveille les besoins sanitaires de la communauté. La tuberculose, les gastro-entérites, les diarrhées, les maladies de peau et respiratoires sont encore très virulentes dans les camps en Inde. Ce département gère l’Hôpital Delek à Dharamsala ainsi que des cliniques de la médicine allopathique au sein des villages tibétains en Inde. Par ailleurs, en 2000, le Département a ouvert un centre d’éducation spécialisé pour les jeunes handicapés tibétains à Dehradun.

La Commission au Plan reconnaît et améliore les ressources humaines, physiques et financières de la communauté réfugiée. Elle établit les priorités dans le domaine du développement et élabore notamment les plans prioritaires. Le plan 2004-2007 qui vient de sortir, identifie 153 projets prioritaires dans les domaines de l’éducation, agriculture, culture, soins médicaux, etc……Ce plan est disponible au Bureau du Tibet, Paris, pour toute personne ou organisme qui souhaite financer ou co-financer des projets inscrits. Contact direct courriel : pc@gov.tib.net

La Cour Suprême de Justice, créée en 1992, sert de cour d’appel et de cour constitutionnelle.

Il existe trois commissions statutaires autonomes :
La Commission d’Élection organise et supervise l’élection de l’Assemblée des Députés, de son Président et vice-président, et des membres du gouvernement. La Commission du Service public recrute et nomme les fonctionnaires civils, aujourd’hui au nombre de 350. La Commission d’audit est responsable de la comptabilité des départements de l’Administration Centrale et dérivés comme hôpitaux, coopératives, etc. Ce Bureau appelé Office of Auditor General effectue l’audit de tous les départements, bureaux et institutions rattachés au gouvernement en exil.

BUREAU DU TIBET A PARIS :

Fondé en 1992, le Bureau du Tibet - Paris, à l’instar des dix autres bureaux de représentation (New Delhi, New York, Londres, Tokyo, Genève, Canberra, Moscou, Pretoria, Taipei et Washington), est la représentation officielle de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de l’Administration centrale tibétaine en exil, auprès du Benelux, de la France, du Maghreb et de la péninsule ibérique. Depuis 2001, il maintient à Bruxelles une antenne, accréditée auprès des institutions de l’Union européenne.

Le Bureau veille aux intérêts tibétains dans ces pays et aide à une meilleure compréhension de la situation du Tibet et de son peuple. Il supervise les déplacements de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et des délégations officielles tibétaines dans les pays mandatés. En contact direct avec les gouvernements, les Parlements, les médias et les organisations non gouvernementales, il suit l’évolution de la situation au Tibet et fournit les informations disponibles à tous ceux qui en expriment le souhait. Ses responsables interviennent régulièrement dans les expositions, conférences et autres manifestations relatives au Tibet. Par ailleurs, le Bureau peut conseiller tout organisme ou personne qui souhaite apporter des aides financières ou techniques au profit de la communauté tibétaine. Un Représentant de Sa Sainteté le Dalaï-Lama dirige le Bureau, assisté dans ses missions par un secrétaire, un administrateur et un assistant mais également des bénévoles occidentaux.

Bureau du Tibet
84 bd Adolphe Pinard
75014 PARIS (France)
Tél. 01 46 56 54 53
Fax : 01 41 17 00 14
E-mail : tibetoffice@orange.fr

Site Web : www.tibet.net (English, chinois, tibétain, hindi, espagnol, russe, japonais, arabe)

www.tibet-info.net (en français)