le 7/1/2010 à 15h23 par AFP
Deux films chinois ont été retirés par leurs réalisateurs du Festival international du film de Palm Springs, aux Etats-Unis, pour protester contre la projection d’un documentaire consacré au dalaï lama, le chef spirituel des Tibétains, a rapporté le Beijing Times.
Les réalisateurs chinois de "Nankin ! Nankin !" (Lu Chuan) et de "Quick Quick Slow Slow" ont été choqués par la présence du film "The sun behind the clouds : Tibet’s struggle for freedom", qui décrit la trajectoire du dalaï lama, en exil depuis 1959 en Inde et bête noire de Pékin, selon le journal. Le chef spirituel tibétain est accusé par le régime chinois de rechercher l’indépendance du Tibet, ce qu’il nie.
Les responsables des maisons de production des deux films — Stellar Megamedia Films et DFM Films Shanghai — n’ont pas souhaité s’exprimer ou n’ont pas pu être joints par l’AFP.
Ce n’est pas la première fois que des cinéastes chinois se retirent d’un festival à l’étranger. L’été dernier, la présence d’un documentaire sur la dissidente ouïghoure en exil Rebiya Kadeer au Festival international du film de Melbourne en Australie avait provoqué le retrait de tous les films chinois.
Depuis plusieurs années, la Chine mène une offensive diplomatique et médiatique pour imposer sa voix sur la scène internationale, avec notamment l’objectif de contrer la popularité du dalaï lama dans les pays occidentaux.
Le maître bouddhiste qui gênait Pékin
07.01.2010 - l’Express.fr
Autant la condamnation par Pékin du dissident Liu Xiaobo à onze ans de prison a provoqué quelques remous hors de Chine, autant celle du Tibétain Phurbu Tsering, annoncée la veille de la Saint-Sylvestre, est passée inaperçue.
L’homme est connu, pourtant, mais pas pour des motifs politiques. Au Tibet, le Rinpoche Phurbu Tsering est un tulku, une réincarnation, autrement dit un saint homme. Pour ses amis chinois de Shenzhen, de Shanghai ou de Pékin, c’était un maître en bouddhisme tibétain ou un homme qu’ils venaient visiter pendant leurs vacances. Et pour les habitants de Kardze (Ganzi), ville du Sichuan tibétain où il résidait, il demeure une figure très populaire.
Agé de 53 ans, marié et père de famille, il a bâti un hospice pour personnes âgées démunies, créé des dispensaires, adopté plusieurs orphelins... Il n’hésitait pas à se retrousser les manches pour conduire un camion sur les mauvaises routes du Kham ou participer directement à des travaux. Surtout, il est l’abbé de deux couvents de nonnes bouddhistes. Et c’est ce qui a provoqué l’ire de Pékin.
Au début du mois de mai 2008, les 80 nonnes du couvent de Buronglang se sont révoltées contre les cours d’"éducation patriotique" imposés par le PC chinois afin de contrer l’onde de choc des émeutes antichinoises de Lhassa. Refusant de renier le dalaï-lama, les religieuses sont descendues dans les rues de Kardze pour manifester et réclamer la liberté. Elles ont été arrêtées sans ménagement. L’épouse de Phurbu Tsering raconte que, quatre jours plus tard, des centaines de policiers ont encerclé leur maison, comme s’il s’agissait d’appréhender un dangereux terroriste. Arrêté, il a été jugé en avril dernier.
Le verdict vient seulement d’être annoncé : huit années et demie de réclusion pour "détention illégale d’armes" et "détournement de fonds", selon la version officielle des autorités chinoises


