Un ancien haut responsable du gouvernement du dalaï lama, qui avait signé l’accord de 1951 reconnaissant la souveraineté de la Chine sur le Tibet, Ngapoi Ngawang Jigme, est décédé mercredi à Pékin à l’âge de 99 ans, ont rapporté jeudi les médias officiels.
Dans un communiqué, cité par les médias chinois, le comité central du Parti communiste a salué "un grand patriote, un militant social connu, un bon fils du peuple tibétain".
Né en février 1910 à Lhassa dans une famille de nobles, Ngapoi Ngawang Jigme était gouverneur du Kham, lorsque les troupes communistes chinoises s’étaient emparées de cette province de l’est du Tibet en octobre 1950.
Capturé, il avait ensuite dirigé la délégation qui s’était rendu à Pékin en 1951 pour, selon la terminologie chinoise, négocier la "libération pacifique du Tibet". Il avait alors signé l’"accord en 17 points", reconnaissant la souveraineté de la Chine sur le Tibet.
Pékin affirme que le Tibet fait partie de la Chine depuis le XIIIe siècle, une affirmation contestée par le gouvernement tibétain en exil. Le dalaï lama, chef spirituel des Tibétains qui vit en Inde depuis 1959, soutient que l’accord de 1951 a été imposé par les Chinois et qu’il en a pris connaissance en écoutant la radio.
Après la fuite du dalaï lama, à la suite d’un soulèvement avorté contre la présence chinoise en 1959, Ngapoi Ngawang Jigme était devenu l’un des principaux responsables politiques tibétains au sein du régime communiste.
En 1965, il avait été nommé président de la toute nouvelle Région autonome du Tibet.


